Tahar Hattabi, ancien gérant du garage Love Auto situé du côté de la Mal-Campée a été condamné ce jeudi à cinq ans d’emprisonnement, dont 2 ans et demi ferme sous bracelet électronique, pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.
Le fusil à pompe en guise d’accueil
Les faits remontent au 20 décembre 2019 lorsqu’il avait tiré deux coups de fusil à pompe sur Frédéric Signoré, blessé grièvement ce dernier à la cuisse. Une affaire aux versions contradictoires car selon Tahar Hattabi, il a agi en état de légitime défense. Ce jour-là, le quinquagénaire affirme avoir vu arriver devant son garage Frédéric Signoré, un homme avec lequel il entretenait un conflit depuis plusieurs années, lié à des différends autour de l’achat-vente de véhicules. L’homme originaire de région parisienne serait venu accompagné d’un ami cagoulé et armé, ce qui aurait poussé le gérant à saisir un fusil à pompe dans son établissement. Deux coups de feu sont tirés : Frédéric Signoré, assis dans sa voiture, reçoit une balle dans la cuisse. Transporté d’urgence à l’hôpital par son compagnon, il subit plusieurs opérations pour extraire les projectiles, dont un morceau de portière, et se voit prescrire 90 jours d’ITT.
« C’était eux ou moi »
Pourtant, la version des victimes diffère radicalement. Frédéric Signoré et son ami ont toujours nié être armés ou cagoulés. Les images de la vidéosurveillance de l’hôpital, consultées le matin même, montrent d’ailleurs Signoré portant simplement une casquette et une capuche, sans masque ni arme visible. L’ex-compagne de Tahar Hattabi, présente dans le bureau au moment des faits, a témoigné avoir entendu les détonations. Son conjoint lui aurait alors lancé : « C’était eux ou moi. »
Un casier judiciaire chargé mais une insertion sociale reconnue
Le parquet avait requis huit ans de prison ferme avec mandat de dépôt en soulignant la gravité des faits et le passé judiciaire de l’accusé : son casier compte 18 mentions et 15 condamnations, principalement pour des délits routiers. Cependant, la cour a pris en compte sa situation actuelle. Tahar Hattabi, sous contrôle judiciaire depuis cinq ans, n’a plus été impliqué dans aucune affaire depuis 2019. Jugé inséré socialement, il a finalement été condamné par la cour criminelle départementale à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans et demi avec sursis probatoire. Le reliquat, moins la période de détention provisoire déjà effectuée, soit 18 mois, sera effectué sous surveillance électronique.